J’ai préféré attendre quelques jours après avoir fini le jeu pour vous parler de Metal Gear Solid V : The Phantom Pain qui est le dernier Metal Gear Solid produit par le maître Hideo Kojima. Un trop plein d’émotions se sont bousculées en moi au cours de mon aventure, et écrire sur MGSV à chaud aurait été une mauvaise idée. Il fallait laisser toutes ces émotions être digérées, pour que je puisse livrer mes impressions les plus objectives sur The Phantom  Pain.

Pour rappel, les événements de MGSV se déroulent 9 ans après ceux de Metal Gear Solid : Ground Zeroes. Big Boss se réveille de son coma, et l’hôpital ou il se trouve se fait attaquer par un groupe armé qui massacre tout se qui se trouve. Aidé par Ishmael (personnage au visage bandé qui avait longuement participé au teasing kojimaesque autour de l’annonce de MGSV), Big Boss va devoir s’évader, reconstituer sa Mother Base à l’aide de son fidèle acolyte Kazuhira Miller mais aussi de Revolver Ocelot, qui lui sera d’une grande aide. Leur objectif ultime : la vengeance. Se venger de Zero, de Cipher, que Miller tient directement responsable de l’attaque de la Mother Base qui s’est produite 9 ans auparavant. Et pour se venger, Big Boss et sa nouvelle force armée, les Diamond Dogs, sont prêts à tout. L’enfer ne leur fait pas peur… C’est là-bas qu’ils se sentent à leur place.

SkullFace, l'un des antagonistes de MGSV

SkullFace, l’un des antagonistes de MGSV

Cette présentation de départ se veut le plus évasif possible, car je n’ai pas envie de spoiler les événements qui vont se produire dans The Phantom Pain. Parlons-en justement, de ce scénario. Après tout, que serait un Metal Gear Solid sans son scénario ambitieux et complexe, mais tellement captivant ?  Metal Gear Solid V possède un scénario haletant, très sombre et que j’ai énormément apprécié. Le problème se situe selon moins dans la manière dont ce scénario évolue. Le jeu débute avec un prologue tout simplement sublime et épique. Je n’en dirais pas plus pour ne pas gâcher la surprise, mais j’étais vraiment subjugué et impressionné par celui-ci. Mais ensuite… Disons que la structure narrative laisse parfois place à de gros problème de rythme ou, il faut bien le dire, j’étais assez découragé et ennuyé. Je ne suis pas fan des missions du type sauvetage de prisonnier, récupération de plans ou encore l’assassinat de cible quelconques. Malheureusement Metal Gear Solid V regorge de ce type de missions, dont les objectifs sont répétitifs, même si le contexte scénaristique n’est pas le même. Autre chose à savoir, quand je joue à un Metal Gear Solid, je m’attends surtout à des missions qui font avancer concrètement le scénario. Je déteste, je le clame au et fort, les missions secondaires inintéressantes. Déjà, dans Ground Zeroes, les missions secondaires m’avaient exaspéré au plus au point, comme elles m’avaient déjà agacé auparavant dans Metal Gear Solid : Peace Walker. Ce type de missions sans intérêt n’a rien à faire dans un Metal Gear Solid, ce n’est que mon humble avis et il est évidemment très subjectif. Le seul point positif que je trouvais finalement à ces missions secondaires : pouvoir expérimenter le gameplay de MGSV.

La boîte en carton, accessoire indissociable de la saga Metal Gear Solid

La boîte en carton, accessoire indissociable de la saga Metal Gear Solid

Car oui, en terme de gameplay, ce Metal Gear Solid V est juste grandiose, probablement le plus complet de la saga. Les possibilités sont nombreuses, et l’infiltration de camps ennemis est tout simplement grisante. Vous observez un avant-poste ennemi au loin, vous décidez alors de monter sur un point en hauteur pour utiliser vos jumelles et analyser les forces en présence, les prisonniers à libérer dans la zone, ainsi que les ressources à extraire pour pouvoir développer votre Mother Base. Vous marquez ainsi tous les points d’intérêts, et choisissez ainsi la meilleure stratégie d’infiltration. La technique de combat du CQC (Close Quarter Combat) introduite dans Metal Gear Solid 3 est présente et vous sera bien utile, que ce soit pour maitriser ou pour interroger vos ennemis. Autre point qui révolutionne le gameplay de The Phantom Pain : la présence de coéquipiers à vos cotés, pour vous aider dans vos missions. Quatre coéquipiers seront disponibles progressivement au fur et à mesure de votre avancée dans le scénario, et chacun possède ses avantages et ses faiblesses. Des compétences supplémentaires seront disponibles lorsque vous développerez votre lien d’affinité avec le coéquipier en question. Je vais ici vous parler de deux coéquipiers que j’ai énormément utilisé lors de ma partie : D-Dog et l’incontournable Quiet.

"DD", l'un de vos coéquipiers disponibles pour mener à bien vos missions

« DD », l’un des coéquipiers disponibles pour mener à bien vos missions

D-Dog est un chien-loup qui est personnellement mon coéquipier préféré. Avec lui, vous pouvez repérer tous les ennemis et prisonniers d’une zone, sans avoir à les marquer. Plutôt pratique pour s’infiltrer avec discretion dans un avant-poste ennemi. Quand à Quiet, ses talents hors-norme de sniper vous seront également très utile. Quiet peut infiltrer une zone ennemie pour vous indiquer la position de vos adversaires, mais peut aussi vous couvrir au combat. Plus votre lien d’affinité sera grand avec elle, et plus vous pourrez lui développer des armes perfectionnées, munies de silencieux. Malgré les courbes rebondies de Quiet et son design attractif, j’ai très majoritairement utilisé « DD » au cours de mon aventure.

CCA MGSV

Le Centre de Commande Aérien vous permet de diriger la Mother Base depuis votre hélicoptère

Autre point important à aborder dans The Phantom Pain : la gestion de la Mother Base. Comme dans Peace Walker, vous pourrez recruter des hommes sur le terrain à l’aide du système Fulton, et les affecter par la suite dans les différentes unités que composent votre Mother Base : l’unité de Recherche et Développement, de Renseignement, Médicale, de Soutien et enfin de Développement. Les soldats que vous recrutez sur le terrain ont des notes, de S++ à E. A vous d’affecter vos soldats en fonction de leur aptitudes dans un domaine. Il serait idiot d’affecter un scientifique dans l’unité de combat… Développer votre Mother Base est un passage obligatoire afin de développer de l’équipement qui vous sera vital pour poursuivre vos objectifs, mais aussi pour simplifier votre progression. Ainsi, il vous est important d’augmenter le niveau de votre système Fulton pour pouvoir exfiltrer des véhicules ennemis, mais aussi des containers de ressources qui vous permettront de développer votre Mother Base. Bien que l’aspect de la gestion de la Mother Base soit plaisant, il me lasse à la longue, tout comme il m’avait déjà ennuyé dans MGS : Peace Walker. Malgré tout, il est agréable de pouvoir explorer sa Mother Base et de frapper saluer ses soldats. Et peut-être qu’en explorant bien celle-ci, vous aurez d’agréables surprises… Je vous recommande vivement de revenir très souvent sur votre Mother Base pour avoir droit à des cinématiques sympathiques qui font le charme des Metal Gear Solid, mais aussi pour améliorer le moral de vos troupes et prendre soin de votre Big Boss adoré. En effet, prendre une douche sur votre Mother Base améliorera votre santé, mais aussi la durée de votre mode réflexe (qui permet de neutraliser un ennemi qui vous a vu avant que celui-ci ne donne l’alerte).

L'écoute des cassettes est vitale pour tout comprendre du scénario de MGSV

L’écoute des cassettes est vitale pour tout comprendre du scénario de MGSV

Metal Gear Solid V est un très bon jeu, cela ne fait aucun doute. Mais les Metal Gear n’étaient pas pour moi des très bons jeux, ils étaient de jeux exceptionnels. Dans MGSV, vous n’affronterez pas des boss charismatiques, comme vous avez pu le faire dans l’âge d’or des Metal Gear Solid. Exit les longues conversations au codec pour en apprendre plus sur le contexte politique actuel ainsi que sur vos ennemis, c’est désormais les cassettes audios qui vous fourniront ces détails. Les fans auront de quoi être déçus de MGSV, qui sacrifie les acquis qui ont fait son succès pour s’ouvrir à de nouveaux joueurs. Et que penser de l’éviction de David Hayter, qui est pour moi indissociable du succès de la saga, et qui a contribué à populariser le personnage de Solid Snake mais aussi de Big Boss ? Parlons d’ailleurs de son remplaçant, Kiefer Sutherland. J’ai le plus grand respect pour le talent de cet acteur, et je dois dire qu’il fait un travail de doublage convaincant dans MGSV… quand on entend sa voix. Car oui, dans cette aventure, Big Boss est presque atteint du syndrome de Gordon Freeman, et s’inspire un peu trop de Quiet en ayant cette fâcheuse tendance à garder le silence. Je respecte beaucoup Kiefer Sutherland, mais David Hayter se devait d’être là, de faire partie de cette très probable dernière aventure en compagnie de Big Boss. Je suis certain que David Hayter aurait pu assurer une excellente performance, au moins aussi bonne que celle de Kiefer Sutherland et je suis vexé pour lui de ce manque de confiance que lui a témoigné Hideo Kojima. Puisqu’on en est à parler de l’OST du titre, sachez que celle ci est à mon sens forcément décevante par rapport à ce dont nous avait habitué les anciens MGS, mais reste quand même très travaillée. Je retiendrai surtout le magnifique thème musical de Quiet, et l’incontournable « The Man Who Sold The World », interprété par Midge Ure.

Au final, malgré une fin à laquelle je ne m’attendais pas du tout, c’est une impression troublante qui ressort de mon aventure sur The Phantom Pain. J’ai l’impression, tout comme les personnages de Big Boss et de Kazhuira Miller, d’avoir perdu quelque chose au cours de ma partie. Bien qu’imparfaite, l’aventure Metal Gear Solid V : The Phantom Pain n’en est pas moins très bonne dans son ensemble. Il s’agit d’un jeu qui bénéficie d’une expérience et d’une identité propre, et dont la fin m’a interrogé pendant des heures. Parce qu’il ne nous laisse pas indifférent et arrive encore une fois à briser ce quatrième mur, le pari d’Hideo Kojima est réussi de justesse. Merci à ce créateur de génie pour l’ensemble de son oeuvre.

  • Gabriel

    Tu devrais faire une mise à jour pour dire ce que tu penses de la fin ! Si tu ne l as pas lu je t invite à lire le dossier super complet sur metalgearsolid.be ! Ce qui est sur c est que tous les joueurs ont resssenti la même douleur fantôme…