Après de nombreux mois d’hésitation, j’ai enfin franchi le cap et acheté un abonnement de 12 mois d’accès au PlayStation Plus. Pour les personnes qui l’ignorent, le PlayStation Plus est un service proposé par Sony qui permet, entre autres, de découvrir un certain nombre de jeux proposés gratuitement pour les abonnés au service. Par exemple, le mois de janvier 2014 permet aux joueurs PlayStation 3 de se procurer gratuitement les jeux  DMC Devil May Cry et Borderlands 2.

Mes hésitations étaient basées sur une opinion personnelle: je n’aime pas le dématérialisé. D’autant plus quand celui-ci s’applique au marché des jeux vidéo. Mais comme vous le verrez plus tard dans l’article, mon avis a désormais changé… en partie.

Les jeux en dématérialisé, pour moi, c'est ca...

Les jeux en dématérialisé, pour moi, c’est ca…

Dans mes souvenirs d’enfance, je me rappelle de tous les jeux que j’ai fait et qui m’ont marqué, mais surtout du jour où j’ai obtenu ces jeux qui me sont si chers. Chaque jeu est lié à un souvenir, un jour particulier. Le jour où je me dirigeais vers mon magasin fétiche, le cœur plein de joie et d’entrain, afin de me procurer un jeu que j’attendais depuis des mois…  Et quand j’avais enfin le jeu entre les mains, le plaisir était là, bien intense, avec une seule envie pressante : rentrer chez moi pour retirer le blister qui entoure la boite de mon jeu, découvrir le manuel rempli de jolies illustrations, et enfin, insérer le CD ou le DVD dans ma console…

Avec les jeux en dématérialisé, ces beaux moments sont en passe d’être révolus. Plus besoin de se déplacer en magasin, la seule chose à faire est de se connecter, de procéder à l’achat et enfin d’attendre. Fini l’émotion du rendez-vous en boutique, du moment où le vendeur nous tend le jeu attendu comme le messie. Fini également le sprint dans le rayon jeux vidéo pour récupérer son exemplaire. Non non non, vous vous contentez d’attendre que le téléchargement se fait, mégaoctets par mégaoctets… Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais pour moi, l’émotion est difficile à trouver dans le cas du téléchargement d’un jeu en ligne.

Vous n’avez même pas le plaisir de posséder votre propre exemplaire d’un jeu, tout ce que vous possédez, c’est moins d’une dizaine de gigaoctets entassés sur le disque dur de votre console. Le plaisir d’avoir votre propre ludothèque disparaît complètement. Ma plus grosse crainte est de voir des belles collections de jeux vidéo comme celle que mon camarade blogueur OtaXou  nous a montré dans son article sur ses adieux à l’élite (voir la photo ci-dessous) disparaître du paysage vidéoludique. Cela priverai ainsi le joueur d’un de ses plaisirs élémentaires: jouir de sa petite collection adorée.

Ce genre de ludothèque sera-t-elle bientôt une relique du passé ?

Ce genre de ludothèque sera-t-elle bientôt une relique du passé ?

Je pense que c’est pourtant le destin fatal que nous réserve le marché du jeu vidéo à long terme. Dans 20, 30, 40 ans, les boites de jeux et les supports physiques seront considérés comme encombrants, obsolètes, inutiles, peu économiques… On peut très bien imaginer qu’un constructeur comme Microsoft ou Sony décide un jour de se priver d’un lecteur Blu-Ray pour sa future console de salon, et décide d’y implanter à la place un autre gadget permettant d’améliorer le traitement des jeux dématérialisés par exemple. Cela ne m’enchante guère mais est à mon avis inéluctable.

Après ce long argumentaire contre les contenus dématérialisés, vous devez vous demander : « Mais pourquoi a-t-il pris un abonnement au PlayStation Plus, lui qui déteste tant les jeux dématérialisés ? »

Tout simplement car j’aime désormais découvrir. J’aime découvrir des jeux que je n’aurais pas forcément eu le réflexe d’acheter spontanément, comme dans le cas de Catherine, un jeu PlayStation 3 que j’ai découvert en 2013 par l’intermédiaire d’une période d’essai de 3 mois au PlayStation Plus. Un jeu que j’ai véritablement adoré, mais qui n’aurait pas suscité mon intérêt en temps normal. Le PlayStation Plus est un nouvel outil de découverte à la disposition du joueur car il permet, pour une somme de moins de 5 euros par mois, de découvrir des jeux sympathiques qui ne nous auraient jamais interpelé en temps normal. Et le PlayStation Plus n’est pas forcément incompatible avec l’achat de vos jeux en version physique, car on peut très bien imaginer un joueur qui aurait eu le coup de foudre pour un jeu obtenu sur le PlayStation Plus et qui, après l’avoir fini en version dématérialisé, décide de s’offrir la version boite pour sa ludothèque. C’est dans cette optique que j’ai décidé d’investir dans le service PlayStation Plus. Sortir de ma bulle de confort de joueur, et décider d’explorer de nouveaux horizons vidéoludiques bien loin de mes repères habituels.

L’association du service PlayStation Plus avec la PS Vita est elle aussi exceptionnelle. A condition d’investir dans une carte mémoire de capacité suffisante, le joueur PS Vita se retrouvera gâté avec de nombreux jeux gratuits chaque mois. Si vous avez accumulé les jeux offerts par le PlayStation Plus pour la PS Vita au cours de votre abonnement et que vous décidez un jour de l’acquérir, votre achat sera vite rentabilisé, d’autant plus que la console portable de Sony se trouve désormais à des prix très attractifs…

L'association de la PS Vita et du Playstation Plus devrait ravir plus d'un joueur

L’association de la PS Vita et du PlayStation Plus devrait ravir plus d’un joueur

Le dématérialisé possède ses avantages, mais aussi ses inconvénients. Les contenus dématérialisés ne me dérangent pas tant que cela, à condition que ceux-ci ne s’imposent pas à tous les joueurs qui ont encore à cœur de posséder leurs jeux physiques. Le PlayStation Plus est intéressant pour ses fonctions et pour ce qu’il apporte aux joueurs : s’offrir le luxe, pour une modique somme rapidement amortie, de découvrir des jeux auxquels ils ne jouent habituellement pas.

Pour finir cet article, je tiens à remercier OtaXou qui m’a permis d’ajouter la photo de sa sublime collection de jeux à mon article. Et je vous invite d’ailleurs à parcourir son blog par ici…

  • De mon côté aussi, j’ai de très nombreux aprioris sur le dématérialisé. Sans aller se faire passer pour des ancêtres, je pense que ça doit venir également du côté « vieille génération de consoleux », qui ont débuté, fait leurs armes et leurs trous à une époque où tout se faisait via support physique. Et en quelque sorte, si l’on prend un peu l’opinion des plus jeunes, on ne doit pas être loin de passer pour des « vieux cons nostalgiques ». Mais bon, d’un côté, je me demande s’il n’y a pas un contexte du tout dans l’histoire : le format physique est une chose mais il faut également souligner l’évolution de la société. Je l’ai mainte et mainte fois répété via billets, commentaires, statuts de réseaux sociaux mais il faut quand même admettre que la jeune génération est beaucoup aidée par un côté plus « gâté ». Oui, on apprécie le format physique mais si l’on remonte dans le temps, je ne pense pas que le côté « objet » soit la principale composante de tant d’émotions à le posséder : je me souviens qu’étant petite, c’était une véritable bataille pour avoir un jeu. Alors qu’aujourd’hui, j’observe les 12-18 ans se ruer sur presque toutes les nouveautés – collector ou non – alors qu’elles sont affichées au prix fort, le tout sur les frais de la princesse (ou plus vulgairement « papa-maman », bien généreux d’accepter de mettre 70, 140 euros par mois, voire au-delà pour faire plaisir à leur petit geek d’amour), c’était pour moi un véritable parcours du combattant d’avoir un jeu neuf tout fraîchement sorti par an. Et si je devais avoir trois ou quatre jeux (obtenus sauf cas exceptionnel à bas prix via boutique d’occasion ou offre promotionnelle en magasin) par an en tout, c’était bien tout. Et il ne fallait pas voir là que je viens d’une famille pauvre, simplement que dépenser de telles sommes pour du jeu vidéo, voire pour du loisir en général, n’était pas forcément la priorité budgétaire de la famille. Mais au final, je ne vais pas pleurer sur ce sort, j’en appréciais bien plus le peu de jeux que je pouvais avoir, certainement bien plus que si je n’avais qu’à claquer des doigts et utiliser ma plus belle voix de velours afin d’obtenir l’objet de mes caprices. Aujourd’hui, la vie de famille a bien changé et les foyers n’ont plus aucun scrupule à dépenser tout son budget mensuel en bibelots et loisirs sans rien laisser de côté, allant parfois même jusqu’à arpenter la corde raide du « vivre au-dessus de ses moyens ». Après, je ne dis pas que cette présente évolution est mal, c’est juste une perception différente de la vie par rapport au passé. Le bien et le mal de la situation ne tenant que de l’opinion de chacun.

    Tout ça pour dire que maintenant, si le jeune est plus propice à apprécier le démat’, c’est qu’il ne ressent plus forcément ce sentiment de « durement acquis » vu qu’il n’a pas forcément de difficultés à obtenir un jeu neuf au prix fort par mois. L’objet ne devient qu’un simple boîtier à ouvrir et un simple cd à foutre dans le lecteur. Un lecteur qui fera en plus un bruit de ventilateur bas de gamme, un temps de manipulation pour le démarrage super chiant (car le jeune est fainéant, et ce n’est pas un reproche, je n’étais pas non plus en reste en terme de loque durant mon adolescence). Et puis, merde, le jeu en boîte, il faut se bouger pour se l’acheter, cette merde quoi ! Alors que le démat’ te permet de l’avoir dès que le règlement a été fait (fausse opinion car on gagne parfois bien plus notre temps à se bouger en magasin et à rentrer ensuite plutôt qu’attendre le temps de téléchargement) et en bonus, ça t’évite un bordel attrape-poussière supplémentaire qui traîne dans ta piaule. Là encore, rien de mal ou de bien, cela ne tient qu’à l’état d’esprit de chacun.

    En gros, je pense que ce profil de joueurs toujours pro-support physique tient bien plus du nostalgique. C’est l’héritage d’une bataille juvénile rondement menée pour obtenir un plaisir pas forcément récurrent (après tout, un jeu coûte plus cher qu’une petite voiture Majorette). On le voyait un peu comme une chose exceptionnelle, une petite mine d’or qui nous a fait passer un lien tout particulier avec l’objet : observer longuement la jaquette de fond en large et en travers, lire le livret, manipuler le disque avec une émotion et une précaution toute particulière… Je vois cela comme un souvenir aussi brut qu’innocent, qui me fait encore rêver, tellement que je préfère acheter le support physique aujourd’hui alors même que je n’ai plus ce même rapport avec l’objet (plus la même intensité d’émotion, plus de lecture de livret, etc).

    Malgré tout, cela fait plus d’un an que je suis abonnée au PSN+ également. Je profite donc du support démat’ alors que j’en suis pourtant farouche (sur console, le cas du PC avec les problèmes de compatibilités et autres étant encore autre chose). Et j’y vois bien des avantages : je le vois un peu comme une sorte de programme de location (plus d’abonnement au PSN+, on n’a plus accès aux jeux « offerts », ne l’oublions pas), moins cher qu’un service de location typé Okajeux et toute la clique, le prix plus bas s’expliquant par le démat’ et le non-choix des jeux disponibles. Mais comme tu l’as dit, cela permet d’assouvir sa curiosité. J’ai essayé des jeux qui m’intéressaient pourtant beaucoup sur le papier pour l’achat qui, au final, ne m’ont pas plu (je peux citer Just Cause 2, Borderlands ou bien InFamous 2). Et j’étais bien contente que ce soit passé sur le prix de l’abonnement PSN+, pas forcément très cher pris mensuellement, plutôt que sur l’achat du jeu en boîte. Au contraire, j’ai vu des jeux bien plus intéressants comme dernièrement Sleeping Dogs que j’ai racheté en boîte alors même que je l’avais bientôt fini sous sa version démat’. Juste par plaisir du physique, ou par habitude et confort de l’objet, difficile à dire. J’ai passé une heure sur Catherine également et même si j’attends de m’y mettre plus sérieusement, c’est l’un des prochains achats boîte que je vais faire car j’ai beaucoup apprécié ce petit moment passé dessus. A l’inverse, j’ai fait d’autres jeux qui m’ont moyennement plu, voire même déçu, et là encore j’ai été très contente de ne pas avoir eu à acheter la version boîte dans le sens où ça aurait été très bien pu être le type de jeu même que tu aurais apprécié de faire jusqu’à le finir même mais que s’il t’était prêté par quelqu’un d’autre. Alors qu’un véritable achat aurait sans doute apporter plus de regrets qu’autre chose. Bref, le démat’, c’est comme tout, une histoire de pour et de contre quoi ^^

    • Un commentaire sur lequel je n’ai rien à dire, vu que je suis d’accord avec tous tes arguments 🙂
      Merci d’avoir apporté ton point de vue intéressant dans mon blog !