Si l’on m’avait dit un jour que je remettrais les pieds à l’université de Paris 3, je ne l’aurais jamais cru ! Après avoir obtenu mon baccalauréat, j’étais, comme beaucoup d’autres étudiants, perdu dans l’infinité des choix qui s’offraient à moi. C’est donc sans grande conviction (et sans motivation) que je décidais d’intégrer la faculté de la Sorbonne Nouvelle (Paris3), afin d’y accomplir une Licence en Langues Etrangères Appliquées (LEA). Moi qui aimais beaucoup l’anglais, je me disais que cette licence pouvait me correspondre un minimum. J’ai finalement très vite déchanté… Et comme je suis un homme qui apprend de ses erreurs, j’ai décidé de retourner dans le système de la fac pour une 3ème année de Licence Information Communication à Paris 3. Comme si la première fois ne m’avait pas suffi…

Des matières fumeuses, en veux-tu en voilà…

Que serait la fac sans ses fameux cours en amphithéâtre dont la simple mention de l’intitulé est fastidieuse ? Prenons pour exemple le cours de sémantique et pragmatique de la communication. J’ai, dans mon long parcours d’étudiant, fait face à de nombreuses matières ennuyantes. Mais celle-ci obtient assurément la Palme d’or de l’ennui, les Victoires de l’inutilité scolaire. Plus sérieusement, ce genre de matières théoriques est typiquement le genre d’enseignements que mon cerveau n’arrive pas à intégrer. Le problème vient peut-être de mon intelligence ou de ma capacité compréhension sans doute, et je suis conscient que l’étude d’une matière passe par l’apprentissage de certaines théories abstraites, mais il y a des limites à ce que je peux intégrer ou pas, et la fac a le don de mettre ses limites à rude épreuve.

Bored, bored, bored...

Bored, bored, bored…

… Et des matières optionnelles qui font mouche !

Le point fort de la Licence Information Communication réside pour moi dans les matières professionnelles proposées. Souvent enseignées par des professionnels, ces matières permettent de s’intéresser à un métier ou un domaine particulier du vaste univers de la communication. Par exemple, j’ai choisi au premier semestre des ateliers concernant la communication web des entreprises ainsi que la rédaction journalistique. De même, mon TD concernait l’analyse des jeux vidéo et pour le vrai passionné qui est en moi, cela est une vraie chance de pouvoir étudier le jeu vidéo à travers différentes approches théoriques. L’enseignement assez général et théorique de l’université est ainsi complété par une approche plus professionnelle et concrète, ce qui est un très bonne chose.

Une organisation administrative inexistante

Que serait la fac sans ses fameux petits pépins administratifs dont elle seule a le secret ? Il est de notoriété publique que les administrations françaises ne sont pas les plus efficaces du monde, mais celle de la fac… Etre étudiant dans une université comme Paris 3, c’est se retrouver très vite démuni face à des aberrations et un personnel administratif aussi inutile qu’agaçant. Lorsque l’on impose à ses élèves des dates butoirs, il me parait logique de les respecter, d’autant plus lorsque l’on représente une institution comme peut le faire l’université. Petit exemple : vous choisissez vos cours en ligne, vous procédez à votre inscription dans les règles et le drame intervient : l’un de vos cours n’apparait pas dans votre contrat pédagogique. Une seule solution : tout recommencer et devoir lâcher certains cours qui vous plaisent, uniquement à cause d’un bug informatique. Deuxième exemple : vous vous renseignez sur le site internet de la faculté pour pouvoir faire vos inscriptions obligatoires pour un cours que vous êtes libre de choisir hors de votre parcours initial. Vous choisissez donc les cours qui vous conviennent le mieux en fonction de vos horaires, et une fois que vous vous rendez à la fac pour vous y inscrire, on vous annonce que les horaires disponibles sur le site internet sont erronées, et que vous devez refaire votre choix ! Bien entendu, votre hésitation vous a été fatale et il ne reste désormais que des cours aussi inintéressants qu’inadaptés à votre cursus, comme l’étude de la phonétique de l’espagnol médiéval…

La Maison qui rend fou, dans le film Les douzes travaux d’Astérix. Toute ressemblance avec la Sorbonne Nouvelle n’est PAS une coïncidence :

Une organisation des classes assez particulière

Je m’explique. En troisième année de licence information communication, chaque élève doit choisir ses cours selon ses préférences. Ce qui signifie donc que l’élève n’a pas de classe, et se retrouve à chaque cours entouré d’élèves différents. Ce problème est encore plus gênant lorsque, comme moi, on se retrouve directement en troisième année. En effet, la plupart des personnes se connait depuis leur première année de licence et a donc eu deux années pour se lier d’amitié (pour rappel, une licence s’obtient en trois années d’étude).

Vous voilà donc entouré de personnes qui se connaissent entre elles, et n’osant parler à personne de peur de passer pour le sans amis qui essaie de rompre sa solitude. Puis vient le moment fatidique, le moment que vous redoutiez tant… Votre professeur d’anglais vous demande de vous mettre en groupe avec un partenaire pour faire un exposé ! Alors que la plupart des groupes se compose naturellement en fonction des affinités, vous vous retrouvez tout seul… Cela dit, cette méthode d’exposé permet aussi de briser la glace et force les étudiants à aller les uns vers les autres, à travailler ensemble. Faire un devoir avec un groupe de personnes inconnues mettra à l’épreuve vos capacités d’écoute et d’adaptation. De plus, ces personnes inconnues pourront peut être devenir vos amis qui sait ?

Il y a autre chose que j’ai remarqué concernant les étudiants de la faculté et qui m’a très vite gêné. Certaines personnes considèrent qu’elles sont à la fac uniquement pour bosser et que, si jamais elles vous adressent un jour la parole, vous ne resterez rien de plus qu’un copain de fac qui, une fois les cours terminés, ne représentera plus rien pour elle. Traitez-moi de sentimentaliste ou de naïf émotionnel, mais j’ai un peu de mal avec ce genre de comportement. Comment peut-on faire mine d’apprécier une personne, pour ensuite faire comme si elle n’existait pas ? Bien entendu, ce genre de comportement ne reflète pas entièrement l’ensemble des étudiants. J’ai pu tomber sur des personnes très sympathiques qui ont connu elles aussi un parcours universitaire aussi tumultueux et orignal que le mien, ce qui m’a rassuré.

Coucou ! Qui veut faire un exposé avec moi ?

Coucou ! Qui veut faire un exposé avec moi ?

Conclusion

Voilà ce que j’avais à dire concernant mon avis sur le système de la faculté à la façon parisienne. L’université propose un enseignement parfois assez général et des approches théoriques qui ne correspondront pas à tout le monde, en particulier à ceux qui viennent de formations comme le BTS (Brevet de Technicien Supérieur) et le DUT (Diplôme Universitaire de Technologie). Il faut donc savoir si l’on pourra être capable de s’adapter à ce type d’études avant de s’y inscrire. Je tiens à ajouter que, même si je peux paraître extrêmement critique et dur envers la fac, j’y ai rencontré des personnes qui je l’espère se reconnaîtront à la lecture de cet article et qui ont permis d’égayer mes journées à étudier des matières fumeuses et à subir des décisions administratives absurdes. Car oui, la faculté, ce n’est pas uniquement avoir des problèmes. C’est aussi rire de ses problèmes avec des amis, en plaisanter pour les rendre moins durs. A la fac  comme partout ailleurs, tout peut aller mieux en s’entourant de bonnes personnes. 🙂

A propos de l'auteur

Etudiant en M2 à Audencia Sciencescom et rédacteur à la croisée des univers ludiques. Les univers numériques composent 70% de ma plume, à vous de découvrir le reste…

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10 Réponses

  1. Val_Gab

    Etant moi-même en 3ème année de licence information-communication avec les 2 années précédentes dans mon bagage universitaire, je trouve, dans cet article, de nombreux points communs avec ma faculté qui se situe à Angers.

    Il est vrai que l’intégration est plus difficile lorsque tu viens de l’extérieur, mais comme tu l’as dis il faut savoir s’ouvrir aux autres et s’entourer des bonnes personnes.

    Combien y a-t-il d’étudiants dans ta promo?

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    • Mr Solidus

      Cela me fait plaisir d’avoir le commentaire d’un autre étudiant en licence information communication :). Je n’ai pas les chiffres exacts mais il me semble que la promo 2013/2014 est composé d’approximativement 200 élèves. J’essaierai de confirmer cela en me renseignant.

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      • Val_Gab

        Nous sommes 130 environ ici et c’est une fac privée (avec sélection sur dossier assez souple à l’entrée), donc on peut dire que c’est approximativement pareil ! ^^

        Concernant les formalités administratives, je n’ai rien à reprocher pour ma part. Chaque fac à son propre fonctionnement.

        Et c’est vrai que le fait de débarquer en 3ème année avec ce changement de rythme et des cours très disparates et pas forcément intéressants peut perturber. C’est pourquoi je pense qu’il faut avoir une idée assez précise de son projet pro pour savoir ce qui te seras utile par la suite et ce qui ne le sera pas… En tout cas, c’est comme cela que je vis ma scolarité universitaire et ça me motive davantage.

        Pour les travaux en groupes, cela devient relativement « lourd » car certains étudiants ne sont pas du tout impliqués pour diverses raisons et ça plombe parfois la note. C’est l’un des principaux reproches que je peux faire à cette formation.

      • Mr Solidus

        Je serai curieux de voir si le fonctionnement d’un fac privée diffère énormément de celui d’une fac publique comme peut l’être Paris 3… A mon avis cela dépend vraiment des cas, mais je suis prêt à parier que certains établissements privés gèrent bien mieux l’aspect administratif par rapport aux établissements publics, sans faire de généralités. Et j’ai l’impression que c’est l’obsession des certains enseignants de vouloir à tout prix faire travailler les élèves en groupes, surtout dans les Travaux Dirigés… Tout dépend de la qualité de ton groupe, et le fait est que tu peux parfois te retrouver avec un super groupe, comme tu peux très bien te retrouver avec un groupe moins intéressant…

      • Val_Gab

        Parce que tout simplement les métiers de la communication et de l’information sont, bien souvent, des travaux, projets en équipe. Même si le travail individuel est tout aussi important.

        Ils veulent nous mettre en situation d’échanges et de partages le plus souvent possible pour être à l’aise dans le monde professionnel… Sur ce point, je comprends tout à fait.

      • Mr Solidus

        Oui personnellement ça ne me choque pas tant que cela et je comprends qu’il y ai des travaux à faire en groupe, surtout que lors de mes stages il m’est arrivé de faire ce genre de travaux groupés. Mais c’était bien plus professionnel, et le groupe avec qui je travaillais était super rigoureux donc c’était pas mal. C’est juste que parfois, je préfère travailler tout seul pour certaines choses 🙂

  2. Lauriane

    Les cours théoriques sont pas forcément que négatifs. Cette fac forme des chercheurs … On a dû se tromper de parcours 😉
    Mais former 250 chercheurs par ans n’est, à mon avis, pas une très bonne solution pour lutter contre le chômage des jeunes ..

    J’espère que tu n’as pas été traumatisé par ton exposé d’anglais ! aha
    Et on se marre quand même pas mal à Paris 3, et les cappuccinos sont bons.

    Mais bon, on est d’accord, 😛

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    • Mr Solidus

      La question du chômage peut se poser effectivement, surtout vu l’absence de stage avant la troisième année, et le ridicule stage obligatoire de 120 heures minimum qui n’aide pas vraiment à se forger une vraie expérience professionnelle…

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      • M. E

        Si un stage est obligatoire en troisième année, est-il possible d’effectuer un stage facultatif lors des deux années précédentes ? En communication, la possibilité de pouvoir trouver un petit boulot d’été dans ce domaine est quasi nulle, mais en tant que stagiaire, les chances augmentent légèrement je pense.

      • Mr Solidus

        À vérifier, mais pour en avoir parlé avec une camarade de promo, il me semble que cela n’est pas possible…

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