Encore méconnu du grand public, l’ »eSport », contraction des mots « électronique » et « sport », réunit de plus en plus d’adeptes en France et possède même sa propre fédération. Près de 6% de la population française en « consommerait », en joueur comme en spectateur, selon l’E-sport Academy, première école du genre basée à Nantes (Loire-Atlantique). Son co-fondateur Fabien Goupilleau présentait cette discipline lors de la Nantes Digital Week. Résumé de son intervention en six mots clés, loin des clichés.

Jeu : L’eSport désigne la pratique d’un jeu vidéo seul ou en équipe, sur internet ou en réseau local. Les participants peuvent s’affronter sur un ordinateur, une console de jeu mais aussi un smartphone. Le plus connu d’entre eux s’appelle League of Legends, un jeu massivement multijoueur consistant à incarner des champions aux caractéristiques diverses. Son téléchargement est gratuit, mais il est possible de payer pour progresser plus vite.

Ferrari : L’eSport a connu ses grands débuts en 1997 autour du jeu vidéo de tir Quake. Le vainqueur de cette première grande compétition officielle est reparti chez lui au volant d’une… Ferrari ! Les premiers tournois sont nés dès les années 1970 mais avec des lots bien moins importants. Ces gains s’évaluent aujourd’hui à des millions d’euros pour l’équipe gagnante. L’accueil des e-athlètes a lui aussi connu une montée en gamme : les salles poussiéreuses et confidentielles ont laissé la place à de vrais stades, où les billets se vendent en près de deux minutes sur internet.

Métiers : Travailler dans l’eSport ne signifie pas forcément devenir un e-athlète. Que serait ce dernier sans son coach ? En plus d’instaurer des règles de vie pour son « poulain », il doit planifier les séances quotidiennes d’entraînement de son équipe, mais aussi décortiquer la stratégie des équipes adverses. Le manager doit quant à lui recruter de nouveaux joueurs et gérer leurs contrats, mais aussi inscrire l’équipe aux différents tournois. Compétitions où sont présents les commentateurs, qui doivent avoir une connaissance pointue des règles de jeu et savoir galvaniser la foule. Enfin, les organisateurs d’événements sont devenus incontournables, car ils sont chargés de gérer des tournois de plus en plus importants. Pionnière du genre et basée à Nantes, l’eSport Academy propose des formations pour l’ensemble de ces métiers.

Athlètes : Outre l’hygiène de vie irréprochable des athlètes, l’eSport entretient de nombreuses similitudes avec le sport « traditionnel ». L’esprit d’équipe se révèle ainsi indispensable pour créer de la cohésion entre les joueurs d’une même équipe, et le dépassement de soi est exigé tant le niveau des joueurs peut être élevé. Enfin, à l’initiative de la secrétaire d’état au numérique Axelle Lemaire, l’eSport a sa propre fédération française depuis le 26 avril 2016, baptisée Fédération France-Esport.

Millions : Le sponsoring, qui génère des sommes de plus en plus folles dans le monde du football, a aussi sa place dans l’eSport et susciterait même l’intérêt du PSG, selon un article de l’Equipe indiquant que le club de la capitale souhaiterait poursuivre son développement en devenant le sponsor de l’équipe française Millenium. Comme ailleurs, les montants remportés par les équipes varient du simple au triple. Alors qu’une grosse structure internationale d’eSport comme Fnatic peut voir ses joueurs rémunérés jusqu’à 2000 euros par mois en terme de sponsoring, d’autres structures de taille plus modeste n’empochent pas un centime. Mais c’est en terme de gains de jeu que l’eSport rivalise avec les plus grandes compétitions sportives internationales. Ainsi, un tournoi peut offrir plusieurs millions d’euros aux joueurs d’une même équipe. Le coaching est aussi une source de revenus pour les e-athlètes, dont l’heure de cours peut grimper jusqu’à 50 euros. Un complément de revenu non négligeable qui nécessite tout de même une certaine expertise associée à une bonne notoriété…

YellowStar : L’eSport suscite souvent moqueries et dénigrement, associées à l’image du « geek » collé à son écran des heures durant. Pourtant, les e-athlètes sont soumis à un entraînement physique et mental n’ayant rien à envier aux sportifs traditionnels. Bora Kim (plus connu sous le pseudonyme YellowStar), e-athlète français spécialisé dans le jeu massivement multijoueur League of Legends, a connu une perte de poids impressionnante entre 2013 et 2015. Elle s’explique par l’hygiène de vie irréprochable qu’il s’est imposé pour améliorer ses performances de jeu. On est donc bien loin des clichés du joueur en surpoids, passant la nuit à se goinfrer de cochonneries entre deux parties…

A propos de l'auteur

Etudiant en M2 à Audencia Sciencescom et rédacteur à la croisée des univers ludiques. Les univers numériques composent 70% de ma plume, à vous de découvrir le reste…

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