Cet article contient des spoilers sur le scénario de Patients

Il y a des films qui dépassent la fonction même du divertissement et qui viennent chatouiller notre subconscient, nous appelant à réfléchir sur nous-même. Assurément, Patients est un film de cette trempe-là. Inspiré de l’histoire du chanteur Grand Corps Malade qui a participé à sa réalisation, Patients m’a profondément marqué. Il m’a également fait prendre conscience de plusieurs choses dont je vais vous parler dans cet article.

Avant tout, une petite explication du scénario s’impose. Le personnage principal, Ben, se retrouve dans un état de tétraplégie incomplète suite à un accident. Après un séjour en hôpital, ce dernier va se voir placer dans un établissement spécialisé afin d’entamer une longue et difficile rééducation pour retrouver son autonomie. Le film va donc retracer l’histoire de cette rééducation, entremêlée de rencontres avec patients et soignants.

La narration de Patients est brillante. Le film débute en nous mettant directement dans la peau de Ben, ou plus précisément dans son corps immobile et paralysé, avec son seul regard comme moyen d’expression et de communication. Une situation glaçante qui, j’en suis sûr, est le cauchemar de nombre d’entre nous mais qui permet de créer une situation d’empathie immédiate avec Ben.

L’arrivée de Ben dans son centre de rééducation après son opération est également un moment pénible, pour lui comme pour les spectateurs. Ben, tétraplégique incomplet, ne peut que bouger la tête et est incapable de jouir d’une quelconque autonomie. Il dépend de son aide-soignant Jean-Marie pour manger, faire sa toilette… Une dépendance complète parfaitement retranscrite à l’écran à travers une répétition des jours ou se suit la même routine faite de petit-déjeuner, de douches qui sont tout sauf intimes…

Les semaines passent et, à force de rééducation, Ben peut enfin quitter son lit pour utiliser un fauteuil électrique et visiter le centre. Ce moment est une vraie libération, pour lui comme pour le spectateur, qui n’en pouvait plus de ne voir qu’une chambre et de se sentir emprisonné !

Le passage du lit au fauteuil est une étape décisive, pour Ben mais aussi pour la narration de Patients. Fini la solitude et la monotonie de la chambre d’hôpital : Ben peut désormais rencontrer et fréquenter les autres patients. Tous embarqués dans la même galère, chacun avec son propre handicap, Ben et sa nouvelle bande de potes vont devoir affronter, ensemble, l’épreuve de leur rééducation.

Ce qui rend le film Patients si percutant, c’est avant tout la leçon de vie qu’il nous transmet. La volonté et la force de caractère de Ben sont admirables et c’est, à n’en pas douter, grâce à cela qu’il parvient à quitter le centre de rééducation, un an après y être entré. Toussaint, ami de Ben durant sa convalescence, n’a pas eu le même parcours. Lui aussi tétraplégique, il finit par être transféré dans un établissement spécialisé, faute de progrès dans sa rééducation. Déprimé, il succombera à une crise cardiaque, d’après les dires du kinésithérapeute de Ben. Cette mort paraît néanmoins suspecte pour Ben et ses amis, inquiets que Toussaint ait pu commettre le pire en voyant qu’il n’avait plus de perspective d’avenir réjouissante.

Ces deux destins croisés nous permettent de nous interroger sur notre propre existence, et remettent en question la manière dont nous percevons notre vie. Pour ma part, lorsqu’il m’arrivera une galère mineure et que j’en viendrai à me plaindre, je m’efforcerai de repenser au film Patients. Non pas pour m’apitoyer sur le sort des personnes handicapées qui luttent chaque jour pour retrouver de l’autonomie, mais plutôt pour m’inspirer de leur force de caractère alors qu’ils tentent désespérément de la récupérer.

Critique de Patients : plus qu’un film, une philosophie
Patients est une vraie leçon de vie, un film que je ne peux que vous recommander.
J'ai aimé
  • Belle leçon de vie
  • Un film d'intérêt public
  • Grand Corps Malade en guise d'OST
Je n'ai pas aimé
  • Rien
5.0Note Finale

A propos de l'auteur

Etudiant en M2 à Audencia Sciencescom et rédacteur à la croisée des univers ludiques. Les univers numériques composent 70% de ma plume, à vous de découvrir le reste...

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