La saga Assassin’s Creed est sans conteste l’une des licences majeures ayant émergé sur la génération actuelle de console. Le premier opus sorti en novembre 2007 sur Playstation 3 et Xbox 360 avait surpris le milieu du jeu vidéo par son univers atypique. Le joueur y incarne un Assassin nommé Altair au temps des Croisades, dans un monde ouvert aux possibilités multiples. Mais la vérité était bien plus complexe, car le véritable héros de l’histoire était en fait Desmond Miles, un barman vivant en 2012. Celui-ci avait été contraint par une mystérieuse organisation, Abstergo Industries, à être un sujet d’expérience de l’Animus. Ce prodigieux appareil permet de revivre les souvenirs de ses ancêtres grâce à la mémoire génétique contenue dans l’ADN ! Mêlant habilement évènements historiques et science-fiction, le jeu a connu un succès important, et constitue désormais une licence majeur pour Ubisoft. En 2013, pas moins de 5 épisodes de la saga Assassin’s Creed ont fait leur apparition sur consoles de salon, et chaque année depuis la sortie de Assassin’s Creed 2 voit passer son opus de la saga (2009, 2010, 2011, 2012…). Jade Raymond, directrice du bureau d’Ubisoft Toronto, a même annoncé que le prochain Assassin’s Creed qui sortirait en 2014 était déjà en préparation, alors que nous sommes encore loin de la sortie de Assassin’s Creed 4 : Black Flag qui devrait sortir le 31 octobre 2013…

Un scénario en constante mutation

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Le trilogie d’Ezio Auditore, l’âge d’or de la saga !

L’univers de la saga Assassin’s Creed est vraiment dense, et permet aux scénaristes les plus belles folies afin d’utiliser leurs talents créatifs. Cependant, Ubisoft a la fâcheuse tendance de laisser le joueur sur sa fin, en lui promettant que celui-ci découvrira la vérité, l’aboutissement ultime de la saga dans le prochain opus… Je faisais parti des joueurs qui pensaient que la saga Assassin’s Creed prenait fin avec Assassin’s Creed 3… J’ai été bien surpris ! Non content de proposer un Assassin’s Creed 4 directement après Assassin’s Creed 3, Ubisoft annonce également un futur Assassin’s Creed… Cela donne l’impression d’un scénario à rallonge, et je ne sais même pas si les scénaristes eux-mêmes savent comment va se terminer la saga. Si jamais elle se termine un jour… Personnellement, j’aurais aimé qu’Ubisoft prenne exemple sur BioWare, qui a proposé avec Mass Effect un parfait exemple d’histoire maitrisée et équilibrée. Une trilogie sur Desmond aurait été parfaite, afin de pouvoir travailler en profondeur le personnage sans pour autant avoir l’impression d’exploiter le scénario jusqu’à l’écœurement. En revanche, j’ai bien aimé la manière dont le personnage d’Ezio Auditore a été traité. Second Assassin du jeu après Altair, Ezio Auditore a eu droit à 3 opus qui ont vraiment permis de donner de la profondeur à son personnage et de susciter l’attachement des joueurs envers lui. De son début de carrière d’Assassin à son avènement au sommet de la hiérarchie de l’Ordre, jamais un personnage de la saga n’aura pris autant d’importance. Il représente l’Assassin parfait, et Ezio Auditore restera pour moi le personnage incontournable de la série.

Un calendrier de sortie… Frénétique !

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Edward Kenway, la nouvelle star d’Ubisoft

Pour les amateurs de football et de FPS, chaque automne marque l’arrivée d’un nouveau FIFA, d’un Pro Evolution Soccer, d’un Call Of DutyEt désormais d’un Assassin’s Creed. Cela n’est pas (vraiment) gênant pour les simulations sportives ou pour les Call Of Duty, étant donné que le scénario de ces derniers est inexistant. Mais pour un Assassin’s Creed, être mis dans la même liste que les jeux que j’ai cité est relativement peu flatteur vous ne trouvez pas ? Une série de jeu vidéo doit pouvoir se faire rare, désirée, espérée par les fans de celle-ci. Ubisoft prend le risque, si cela n’est pas déjà fait, de provoquer une overdose d’Assassin’s Creed pour les joueurs. D’autant plus qu’un tel calendrier rapproché donne vraiment le sentiment que les développeurs abordent le scénario au jour le jour, sans avoir de fil directeur ni de plan pour l’avenir. En reprenant dans Assassin’s Creed 4 le système de bataille navale qui avait vraiment plu aux joueurs de Assassin’s Creed 3, Ubisoft donne l’impression d’avoir extrait l’une des seules réjouissances de l’opus précédant pour lui consacrer un jeu entier ! Car pour rappel, le milieu de la piraterie et les batailles navales seront au cœur d’Assassin’s Creed 4 : Black Flag. Ce n’est que mon impression, mais cela me donne un sentiment de travail de dernière minute, de bricolage scénaristique. D’autant plus que le personnage de Connor Kenway méritait peut-être plus d’un opus ! De même, pourquoi avoir choisi de nommer le prochain Assassin’s Creed en utilisant le numéro 4, alors que celui sort dans la foulée de Assassin’s Creed 3 et permettra d’incarner le grand père de Connor, Edward Kenway ? Ubisoft aurait pu choisir de procéder de la même manière que pour la trilogie d’Ezio, et garder uniquement le nom de Assassin’s Creed tout en rajoutant la mention Black Flag. Si les choix d’Ubisoft se confirment dans l’avenir, on pourrait très bien se retrouver avec un Assassin’s Creed 6 en 2015, et ainsi de suite… Si nous étions dans Ni No Kuni, je crois que j’irai trouver les développeurs de Half Life, afin de leur prélever de la tempérance pour en donner à toutes les équipes en charge d’Assassin’s Creed ! C’est peut-être la solution en fin de compte 🙂

Une politique de DLC abusive

Les DLC, c’est un peu la grande mode en ce moment. il n’y avait donc aucune raison pour qu’Ubisoft se prive de DLC pour Assassin’s Creed 3. Et il faut dire que l’idée de départ est plutôt bonne car le développeur souhaitait nous montrer une histoire alternative, mettant en scène un George Washington au sommet de sa mégalomanie qui décide de prendre le pouvoir plutôt que de le remettre aux mains du peuple. Sur le papier, cela avait de quoi attirer. Avec son Season Pass d’une valeur de 29,99€, Ubisoft promettait l’accès à cinq DLC qui étaient programmés après la sortie du jeu en novembre dernier. Sur le coup, le tarif m’avait paru excessif mais quand on prend le prix individuel de chaque DLC, cela s’avère finalement « rentable » ! Coutant près d’une dizaine d’euros chacun, les épisodes sont à l’image de la plupart des DLC proposés pour cet Assassin’s Creed 3 : surestimé financièrement ! J’ai encore en mémoire le DLC sur la trahison de Benedict Arnold fourni avec l’édition PS3 qui était vraiment limite. On peut toutefois saluer le fait qu’Ubisoft Montréal essaye d’innover en proposant une histoire parallèle au scénario original de Assassin’s Creed 3

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La tyrannie du roi Washington, une uchronie de l’aventure principale de AC3

Le mot de la fin ?

Je dois dire que la déception de voir la série Assassin’s Creed s’étirer comme toutes les autres licences à succès du jeu vidéo est assez forte. Ce que je reproche à Ubisoft, au delà de cette fréquence de sortie infernale, c’est le manque de structuration au niveau du scénario de sa saga phare. Il perd de la saveur au fur et à mesure, et n’arrive plus à susciter autant l’intérêt que dans le passé. Mais qui sait, la supposée mort de Desmond à la fin du dernier Assassin’s Creed marque une nouvelle ère pour la saga, et lui donnera peut être un second souffle afin de la terminer en beauté ! Et vous, qu’en pensez-vous ? N’hésitez pas à donner votre avis dans les commentaires ci-dessous.

  • Alors même si je suis pas objective, cet article en plus d’être très bien écrit, reflète parfaitement mon avis sur cette saga. Pour moi le point fort de Assassin’s Creed, c’est son scénario et là j’ai plus l’envie d’en connaître plus, ça veut tout dire. J’espère pour Ubisoft qu’ils vont réagir mais l’appât du gain est plus fort que tout comme on dit…

  • Alice

    Excellent article comme d’habitude ! Et je suis totalement d’accord ^_^

    • Pour moi Ubisoft a tourné le dos aux fans de la licence par profit en espérant que les plus crédules y croient encore.

      Je suis un grand fan de la licence depuis le premier volet, car il amène une histoire, un contexte historique et philosophique. La pomme d’Eden manipulant les gens, le conflit Templiers – Assassins dans le but premier de sauver le monde en leur ouvrant l’esprit.

      Tant de belles petite choses mise bout à bout qui en ont fait une grande saga… Mais, depuis le dernier opus avec Connor, on sent déjà le vent tourné, adieu l’aspect humain, laissons place au bourrin avec un Connor assoiffé de vengeance et de sang… Mais l’annonce du AC 4, en bateau pirate, je pense que là on a atteins le fond et on commence à creuser…

      J’espère me tromper mais quand je vois les trailers et la tournure des événements, je crois que ma passion Assassin’s Creed a d’ores et déjà pris fin… Encore une licence malmené pour les envies de pognons.

      • Je suis bien d’accord avec toi… Et les dernières déclarations publiques de la part d’Ubisoft me font vraiment peur ! Je vais laisser une chance à la saga en voyant ce que nous réserve le 4ème Assassin’s Creed mais je les attends vraiment au tournant… En espérant que les ambitions financières d’Ubisoft ne viennent pas à bout d’une si belle série…

        • Clemence

          Je suis contente de voir que tu partages complètement mon avis ! Je suis fan de la série depuis le début et surtout du contexte historique (entre réel et fiction) mais depuis le 3 j’ai du mal. Et pour le 4, ça vaut même pas le coup d’en parler, ce jeu mérite même pas de s’appeler Assassin’s Creed, on s’éloigne dangereusement du concept initial…

  • Alex

    Je me suis arrêté à AC2: Revelations quand j’ai appris la sortie d’Assassin’s Creed III… Rien que de savoir qu’il y avait une suite m’a fait perdre le plaisir de vouloir en savoir plus. J’ai juste l’impression qu’on n’en verra jamais le bout. Même pire! Je sens venir, dans quelques années (générations?) un final afin de clore la saga, mais qui sera d’une très grande déception.

    • C’est vrai que moi j’ai du mal à me détacher du personnage d’Ezio Auditore ! Et pour un final de la saga, je ne suis même pas sur que l’on en voit vraiment un un jour…