Il est rare qu’un film suscite en moi des émotions fortes comme a pu le faire 12 Years a Slave. Ce long métrage m’a par moment attristé, horrifié, choqué, interpellé… Je vais donc tenter de vous expliquer pourquoi 12 Years a Slave est, à mon sens, un film que vous vous devez d’aller voir.

Commençons avant tout par le synopsis du film. L’histoire prend place quelques années avant la Guerre de Sécession. Solomon Northup et sa famille vivent tranquillement dans l’état de New York, mais Solomon va un jour faire une rencontre qui va radicalement changer sa vie. En effet, celui-ci va se faire enlever puis va être remis à des esclavagistes dans le sud des Etats-Unis, ou l’esclavage de la population noire est considéré comme un mode de vie… Le film étant inspiré de faits réels, l’histoire de Solomon Northup est plus que captivante.

Solomon Northup va ainsi être confronté aux pires douze années de son existence, comme l’indique le titre du film. Le premier élément qui m’a véritablement marqué, c’est la manière dont est traitée la population noire dans les états du sud du pays. Le clivage entre le nord et le sud, qui va battre son plein lors de la future guerre de Sécession, se fait pleinement sentir. Solomon, qui menait une vie plutôt agréable à New York avec sa famille, se retrouve dépossédé de tout, y compris de son identité.

Le jeu d’acteur de Solomon Northup, incarné par Chiwetel Ejiofor, est potentiellement digne d’un Oscar. En parlant de grands acteurs, c’est avec plaisir que j’ai pu revoir sur grand écran Benedict Cumberbatch (qui incarne Sherlock Holmes dans la série Sherlock), qui varie les rôles et possède toutes les qualités pour s’imposer durablement à Hollywood. Benedict Cumberbatch incarne dans le film un dénommé Ford, qui sera le premier maître à « acheter » Solomon Northup pour le faire travailler sur ces terres. Ce petit aparté va me donner la possibilité de revenir sur cette scène qui m’a ô combien choqué : la vente d’esclaves (dont Solomon) à des acheteurs venus trouver de la main d’œuvre pour leurs besoins. Les esclaves sont considérés comme de simples outils dont on examine la puissance, la santé, la robustesse. Je m’attendais à voir ce genre de scènes dans le film bien évidemment, mais la manière dont la séquence a été tournée est tellement ordinaire qu’elle en devient gênante, voir même dérangeante…

Je garde un peu le mystère concernant les autres séquences que j’ai trouvé dures, mais gardez ceci à l’esprit : 12 Years a Slave contient des scènes qui peuvent choquer, non pas seulement par rapport à leur violence, mais aussi par le fait qu’elles soient ordinaires, dépourvues du moindre sentiment de révolte de la part des protagonistes qui y sont impliqués. Je reprocherai à 12 Years a Slave la longueur de certaines scènes, en particulier d’une scène que ceux qui ont vu le film pourront rapidement identifier.

Voir un film concernant un membre de la communauté noire qui est né esclave puis vit sa vie d’esclave est une chose, mais j’ai trouvé ce film particulièrement intéressant car il montre une personne qui vivait jusqu’alors une existence normale se faire arracher de ce quotidien pour se retrouver plonger en enfer, loin des siens. Ainsi, le film cliché auquel je m’attendais a laissé place à un film apportant un point de vue assez inédit sur l’esclavage. Je recommanderais donc ce film à toute personne qui a à cœur de découvrir cette période de l’histoire des Etats-Unis d’un angle nouveau.

Et comme d’habitude, j’attends vos avis ou vos questions concernant le film dans les commentaires 🙂

Bande-annonce : 12 Years a Slave

A propos de l'auteur

Etudiant en M2 à Audencia Sciencescom et rédacteur à la croisée des univers ludiques. Les univers numériques composent 70% de ma plume, à vous de découvrir le reste…

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