Avant tout, je tiens à vous prévenir d’avance, cet article contiendra des spoilers sur les événements de Metal Gear Solid 4, vous êtes prévenus !

Metal Gear Solid 4 est aujourd’hui encore le fruit d’un débat houleux parmi les fans de la saga. Encensé par certains, durement critiqué par d’autre, le jeu n’a vraiment laissé personne indifférent. Il faut dire qu’il a longtemps été  attendu par des fans désireux d’obtenir de nombreuses réponses concernant le scénario de la saga. Quelle est la véritable origine des Patriotes, cette organisation de l’ombre qui domine les Etats-Unis et se paie le luxe de choisir son président ? Qu’advient-il de Raiden, de Solid Snake et d’Otacon, et surtout d’Ocelot, qui semble désormais être totalement sous le contrôle de Liquid Snake ? Metal Gear Solid 4 avait une pression énorme et était condamné à la perfection tant Metal Gear Solid 3 avait émerveillé toute une génération de joueurs.

De nombreuses personnes (moi y compris) avaient opté pour une Playsation 3 uniquement pour pouvoir se procurer Metal Gear Solid 4 qui est aujourd’hui encore une exclusivité PS3. Et dès les premières minutes de jeu, une chose est clairement visible : nous sommes bel et bien dans la nouvelle génération ! Le bond graphique opéré par rapport à Metal Gear Solid 3 est bluffant, et même si le passage de la Playstation 2 à la Playstation 3 impliquait forcément une amélioration, le travail des équipes de Mister Kojima mérite d’être salué. Le visage vieillissant de Solid Snake est très bien réalisé, de même que le design de tous nos personnages préférés. Otacon, Roy Campbell, Meryl, Mei Ling, Liquid Ocelot… De ce point de vue là, le jeu ne déçoit en aucune manière.

post-253434-1243603003

Raiden a bien changé depuis Metal Gear Solid 2…

Le scénario se déroule quand à lui 5 ans après les événements de Metal Gear Solid 2. De nombreux conflits ont éclaté à travers le monde, et l’économie de guerre fait désormais loi. Profitant de cet état de fait, de nombreuses armées privées ont fait leur apparition, et les cinq plus grandes armées privées (Les Sociétés Militaires Privées ou SMP) sont dirigées par une seule et même organisation baptisée Outer Heaven. Un nom qui rappelle fortement quelque chose… Plus surprenant encore, cette organisation est dirigée par Liquid Ocelot ! C’est pour mettre fin à cette menace sans précédent que Roy Campbell, qui travaille désormais pour l’ONU, revient chercher Solid Snake afin de lui proposer une dernière mission : Se débarrasser de Liquid Ocelot une bonne fois pour toute avant que celui-ci, avec le soutien de ses armées privées, ne déclenche une insurrection visant à mettre fin au règne des Patriotes.

Seul problème, Solid Snake n’est plus le soldat tout jeune que l’on a connu dans les deux premiers Metal Gear Solid. En effet, il est atteint d’une forme de vieillissement accélérée qui lui donne l’aspect d’un vieillard. Et voilà comment Solid Snake hérite du nom plus ou moins moqueur de « Old Snake ».

Metal Gear Solid 4 sera l’occasion pour Old Snake de parcourir le monde à la recherche de Liquid Ocelot, le traquant au quatre coins du monde. C’est de cette manière que Metal Gear Solid 4 adoptera une structure inédite dans la saga. Le jeu sera découpé en cinq actes distincts, donc chacun sera précédé d’un briefing  expliquant l’objectif à accomplir. Pour ma part, je dois dire que cette structure m’avait dans un premier temps déstabilisé. J’étais nostalgique de l’époque des anciens Metal Gear Solid ou le joueur devait infiltrer un lieu, avec un sentiment de solitude et l’impression que l’avenir du monde entier repose sur les épaules d’un seul et même homme.

Le retour à Shadow Moses est un des temps forts du jeu.

Autre point qui rompt avec la tradition des Metal Gear Solid, la manière dont on se procure son équipement tout le long de l’aventure. Dans MGS4, le temps de l’acharnement pour se procurer un simple silencieux, de la patience pour s’équiper de lunettes thermiques est révolu. Old Snake obtiendra très rapidement un Solid Eye, objet construit par Otacon et qui permettra de réunir en un seul objet des lunettes de vision nocturne ainsi que des jumelles, mais également un mode normal permettant d’obtenir de nombreuses informations sur l’environnement. Pour ce qui est des armes, le joueur fera rapidement la connaissance de Drebin, un marchand d’armes qui pourra équiper le joueur de nombreux joujoux. Old Snake se retrouve alors submergé de propositions d’armes, et on sent que le coté infiltration/discrétion jusqu’alors prôné par la saga perd en crédibilité. A quoi bon obtenir des dizaines d’armes lourdes lorsque le but est de s’infiltrer en mission ? Le jeu en gagne néanmoins en simplicité mais perd un peu de saveur.

Autre point fort de la saga maltraité dans Metal  Gear Solid 4 : le charisme des personnages. J’ai déjà mentionné Drebin, le marchand d’armes, un des personnages importants de ce quatrième opus. Drebin est accompagné d’un singe qui… rote en buvant du soda et qui, pour une raison inconnue, semble vouloir fumer une des cigarettes de Snake. Après un Metal Gear Solid 3 qui était irréprochable de ce point de vue, la comparaison fait très mal à Metal Gear Solid 4. La Rat Patrol Team 01, dirigée par Meryl, se compose de personnages aussi inintéressants qu’anti-charismatiques. Johnny Sasaki, alias Akiba, et ses problèmes digestifs représentent une blague de mauvais goût auquel je n’ai pas du tout adhéré. Sans parler des boss (Laughing Octopus, Raging Raven, Crying Wolf et Screaming Mantis de l’unité SNAKEHOUND), qui sont à mon sens le plus grand raté de l’histoire des boss de la saga. Leurs histoires personnelles, basculant dans la caricature, deviennent l’opposé de ce qu’elles sont sensées produire chez le joueur. On sentait chez Konami la volonté de vouloir rendre d’une certaine manière hommage à l’unité Fox Hound du premier Metal Gear Solid, mais le procédé est trop maladroit…

Après cette liste de défauts, passons aux réjouissances de ce quatrième opus. Tout d’abord du point de vue scénaristique, le jeu en impose vraiment. Les nombreuses questions que le joueur en moi se posaient ont trouvé réponses dans le jeu. C’est simple, Metal Gear Solid 4 a été conçu pour terminer un cycle, une époque. Et l’on peut dire qu’il remplit ce rôle à la perfection, parfois au renfort de cinématiques que certains joueurs ont pu trouver à juste titre trop longues. L’ambiance sonore est particulièrement soignée, la saga reprenant comme à son habitude des thèmes travaillés qui collent à l’ambiance, rendant certaines scènes particulièrement émouvantes.

Sans titre

Dans Metal Gear Solid 4, le générique est plein de surprise…

Faire un bilan de Metal Gear Solid 4 n’est pas chose aisée… La réponse que l’on pourrait formuler est que oui, MGS4 est un très bon jeu. En revanche, il ne s’agit sans doute pas du meilleur des opus de la saga Metal Gear Solid. Bien que largement perfectible, ce quatrième opus s’avère indispensable afin d’achever un segment essentiel de la saga Metal Gear Solid. La fin d’une époque, et le renouveau d’une autre avec MGS Peace Walker et surtout Metal Gear Solid V…

A propos de l'auteur

Etudiant en M2 à Audencia Sciencescom et rédacteur à la croisée des univers ludiques. Les univers numériques composent 70% de ma plume, à vous de découvrir le reste...

Articles similaires

5 Réponses

  1. Majin

    Salut 🙂

    Toujours sympa d’avoir un article sur un MGS

    Pour ma part je n’ai pas aimé Guns of Patriots. Un peu trop bordélique ds son gameplay et une narration indigeste. Par contre j’ai eu mes réponses sur la mythologie de MGS donc c’est positif 🙂

    MGSIV est sans aucun doute la fin d’un cycle ds l’aventure mais aussi ds la realisation de Kojima.

    Le petit japonais va sortir MGSV est a enfin compris qu’il y avait des jeux en occident. Apres les premiers trailers on voit qu’il a changé de philosophie et c’est une bonne chose.

    Je l’attends de pied ferme 🙂

    Répondre
  2. Jananass

    Super article! On voit que t’as vraiment passé du temps dessus.
    J’adore la petite surprise dans le générique…
    Mais dis-moi, qu’as-tu pensé de Peace Walker?
    Je l’ai personnellement bien aimé, n’ayant pas joué aux autres opus de la série.
    Et encore une fois bon boulot!

    Répondre
      • Jananass

        Je me souviens de se terrible moment dans la prison… J’ai dû demander à mon oncle de le faire, et dans mon autre partie je suis bloqué à cet endroit :x.
        Peace Walker, tu ne m’auras pas vivant!

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.