Le Vent se Lève est le dernier film du maitre de l’animation japonaise, Hayao Miyazaki. On doit à ce monstre sacré du cinéma de nombreux films qui ont suscité autant d’emerveillement que d’émotion chez ceux qui ont pu les voir.

Je suis parti voir Le Vent se Lève avec un regard assez neuf, car il y a bien longtemps que je n’ai pas vu de film réalisé par Hayao Miyazaki. Je considère que mon dernier contact avec l’œuvre de Miyazaki remonte au moment ou je jouais à Ni no Kuni qui, même s’il se révèle être un jeu vidéo, bénéficie de nombreuses séquences cinématiques produites par le Studio Ghibli, qui a été co-fondé par Mister Miyazaki.

La colline aux coquelicots, le dernier film du même genre que j’étais parti voir en 2011 ne m’avait pas laissé un souvenir impérissable. Il n’était pas mauvais, loin de la, mais il n’avait vraiment rien de surprenant ou de magique, et c’est pour moi ce dernier élément qui caractérisait les films de Miyazaki. Il faut cependant signaler que La colline aux coquelicots était produit par Goro Miyazaki, le fils de Hayao Miyazaki.

Le vent se lève se déroule au début du 20ème siècle et raconte l’histoire vraie de Jirô Horikoshi, un jeune garçon qui est passionné par l’aviation. Sa mauvaise vue l’empêchant de devenir pilote d’avion, Jirô va se tourner vers le monde de l’ingénierie en suivant les traces de son idole, l’ingénieur italien Giovanni Caproni.

Le vent se Lève raconte donc en grande partie la vie de Jiro Horikoshi à travers de grands évènements historiques ayant marqué l’histoire du Japon, les plus notables étant le séisme de Kanto (1923) ou encore La Grande Depression. Cette partie historique est plutôt bien narrée dans le film, qui retranscrit fidèlement les évènements de l’époque. J’ai personnellement éprouvé beaucoup de sympathie pour Jirô Horikoshi, qui se révèle être un personnage attachant dont le seul but est de voir ses rêves prendre vie.

Si le spectateur ne le savait pas encore, il aurait pu facilement deviner la grande passion qu’entretient Hayao Miyazaki avec le domaine de l’aviation. Le film m’a vraiment permis de découvrir cet univers et l’on oublierait presque que le travail de Jirô Horikoshi aboutira à la création du terrible « Zero », avion de guerre qui fit des ravages chez ses ennemis.

Le vent se lève réussi selon moi un exploit : traiter d’un sujet comme l’ingénierie aéronavale, tout en incluant une forme de poésie et de bucolisme. De nombreux paysages tels que des prairies parviennent à cotoyer le monde industriel qui fait partie intégrante de la carrière de Jirô Horikoshi. Ce mélange des deux univers est d’ailleurs opéré de manière astucieuse. Les compositions musicales, signées par le talentueux Joe Hisaishi, sont également l’un des points forts du film. Elles se révèlent aussi poétiques que sublimes, et entraînent une vague d’émotion qui fait le charme des films de Miyazaki. Ce sentiment de bonheur auditif, je l’ai également ressenti lors de mon aventure sur Ni no Kuni, ou Joe Hisaishi était également en charge des compositions musicales.

Cependant, à la sortie de la séance, je suis au final plutôt mitigé sur le film. Je me suis surpris à consulter mon téléphone à quelques reprises, preuve que mon attention a été détournée pendant certaines séquences que je trouvais trop longues. L’univers de l’aviation ne m’a pas vraiment passionné, et celui-ci faisant partie intégrante du film, je dois dire que je n’ai pas été gaté ! Peu importe, même si Le vent se Lève ne se révèle pas être pour moi un grand film, je l’ai quand même apprécié, et je tiens surtout à rendre hommage à Hayao Miyazaki. Cet artiste manquera au monde du cinéma, en esperant que celui-ci sorte peut-être un jour de sa retraite pour nous emerveiller à nouveau. En attendant, la relève à fort à faire pour se montrer digne de l’héritage du géant de l’animation qu’était Hayao Miyazaki.

Si vous avez pu voir Le Vent se Lève, j’attends vos avis ci-dessous. Je vous laisse avec la bande annonce en version française du film qui est tout simplement sublime 🙂

Bande-annonce : le Vent se Lève

A propos de l'auteur

Etudiant en M2 à Audencia Sciencescom et rédacteur à la croisée des univers ludiques. Les univers numériques composent 70% de ma plume, à vous de découvrir le reste...

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  • Ben_Adn

    Je dois avouer que je n’ai pas encore vu ce film.
    Mais jusqu’à présent, je n’ai encore jamais été déçu par le travail de Mr. Miyazaki.
    Comme tu le dis dans ton article, Hayao a un certain talent pour manier poésie et émotion pour ensuite les retranscrire dans ses films. Mais c’est juste mon avis ^^ ..

    • Ah oui en effet, d’ailleurs je te conseille vraiment d’aller le voir le film parce qu’il vaut le déplacement ! Un film de Miyazaki ça se respecte 🙂

      • Ben_Adn

        J’y compte bien 😉

      • BMGuinness

        Salut,
        Je suis allé voir le film aussi hier.
        Je l’ai trouvé sympa, mais ça ne sera pas mon favoris. Je n’ai pas été transporté par l’histoire et par le rythme du film, certains passages sont même assez mou voire pénible. De plus, les musiques sont quasiment anecdotiques, ce qui fait un peu tâche dans un film de Miyazaki.

        Par ailleurs j’ai trouvé moyen le traitement que fait le film sur l’époque. On comprend que le héro n’est pas en accord avec son pays mais ça reste assez timide. Alors, Miyazaki peut se défendre en disant que le héro ne pouvait pas tout savoir à l’époque, que le gouvernement mentait sur ses intentions etc…mais il aurait quand même pu être plus critique.

        Une dernière chose, j’ai trouvé le héro vraiment égoïste. Ce que lui reproche son patron d’ailleurs. Il ne pense qu’à son avion alors que sa femme est entrain de mourir. Le scène ou il fume à côté d’elle m’a choqué.

        • Maintenant que tu me le rappelle, c’est vrai que le passage ou Jirô ose fumer une cigarette à côté de sa femme atteinte de tuberculose est assez étrange, parce que j’ai l’impression qu’il l’aime quand même énormément… Mais il est parfois dur à cerner ce personnage.