Lancée en juillet 2016, l’application mobile Pokemon Go, consistant à capturer des créatures en réalité augmentée dans notre environnement, a rapidement trouvé son public. Elle compterait aujourd’hui 15 millions d’utilisateurs dans le monde selon le site Variety (derniers chiffres connus à la mi-octobre). De quoi susciter l’appétit des entreprises, qui y voient un outil marketing inédit. Reste à l’utiliser à bon escient.

Deux millions de dollars. C’est le montant record que rapporterait Pokémon Go chaque jour d’après le journal Les Echos. Créé par la société américaine Niantic, ce jeu captive aussi les joueurs dans la durée :  le temps moyen d’utilisation quotidienne passé sur l’application s’élève à 43 minutes. En comparaison, l’application What’s App, (rachetée 22 milliards d’euros par Facebook en 2014) est utilisée en moyenne 30 minutes par jour !

De quoi aiguiser l’appétit de partenaires éventuels… « Ce succès fait rêver bien des marques », nous confirme Florence Touzé, responsable du programme Communication de marque à Audencia SciencesCom et auteure du livre Marketing, les illusions perdues.

Les arènes de McDonald

Nombre d’entre elles ont d’ailleurs annoncé leur intention de nouer un partenariat avec Pokémon Go. Dès la sortie du jeu, en juillet dernier, l’enseigne McDonald l’a expérimenté dans ses restaurants japonais. Ceux-ci se sont vus transformés en « arènes », où les joueurs de Pokémon Go pouvaient s’affronter entre eux.

Coup double pour les partenaires : Niantic engrange une source supplémentaire de bénéfices et McDonald voit des joueurs affluer dans ses restaurants et s’affronter tout en consommant sur place. Pour autant, surfer sur la marque Pokémon Go peut ne pas être de tout repos…

Gare au « coup marketing »

 

Monoprix en a fait l’amère expérience à la même époque. L’enseigne a annoncé sur Twitter et Facebook la distribution gratuite de « kits de dresseurs » dans son magasin de Saint-Michel à Paris. Le résultat ne s’est pas fait attendre : une file d’attente considérable de 1000 à 1500 personnes s’est formée, pour une petite dizaine de kits disponibles.

Bilan de l’opération ? Des employés mécontents de leur direction qui n’a pas su anticiper le succès de l’opération et des joueurs frustrés d’avoir attendu pour rien, le magasin ayant prématurément mis fin au fiasco faute de kits disponibles. Selon Florence Touzé, Monoprix a pris « beaucoup de risques pour un « coup » marketing et « n’avait pas suffisamment préparé son opération ». 

Happy Halloween

Pour qu’elle soit couronnée de succès, l’utilisation de ce jeu doit ainsi faire partie d’une réelle stratégie marketing. D’autant que le phénomène Pokémon Go peut paraître « controversé » et « ponctuel » prévient Florence Touzé. Les chiffres les plus récents font en effet état d’une baisse des joueurs après l’énorme succès estival du jeu : Le nombre d’utilisateurs actifs hebdomadaires est passé de 40 millions à son lancement à moins de 15 millions à la mi-octobre selon Variety.

Les récentes nouveautés annoncées par Niantic et la promesse du renforcement de leur politique de sponsoring pourront peut-être permettre de relancer la machine. Le premier événement organisé pour la période d’Halloween a permis de faire bondir les revenus à 3,5 millions d’euros par jour d’après le site Techcrunch. Preuve que, si le succès de Pokémon Go s’est tassé, on aurait tort de le considérer comme mort et enterré.

A propos de l'auteur

Etudiant en M2 à Audencia Sciencescom et rédacteur à la croisée des univers ludiques. Les univers numériques composent 70% de ma plume, à vous de découvrir le reste...

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