Je vous propose aujourd’hui la critique d’un film que je suis récemment allé voir au cinéma, et qui m’a vraiment chamboulé comme aucun long métrage ne l’avait fait avant. Le nom de ce chamboulement : Her.

Ne vous y trompez pas, la qualité de Her est inversement proportionnelle à la longueur de son titre. Dans ce film réalisé par Spike JonzeTheodore Twombly (incarné par l’excellent Joaquin Phoenix) se retrouve isolé socialement suite à une rupture difficile. Son quotidien monotone bascule lorsqu’il fait l’acquisition d’un système d’exploitation informatique ultramoderne qui parvient à s’adapter à la personnalité de son utilisateur. L’histoire principale de Her se déroule dans un contexte assez futuriste, mais qui reste assez proche de notre époque pour nous troubler et nous dire que finalement, la fiction dépeinte dans Her pourrait très bien devenir notre réalité à tous.

Personne ne pourrait aujourd’hui nier que la société s’informatise de plus en plus. Nous conversons avec nos amis via les réseaux sociaux et les messageries instantanées. Nous passons finalement plus de temps le nez collé à notre smartphone plutôt qu’a converser de manière concrète avec notre entourage. Dans  Her, Spike Jonze intensifie cet état de fait et imagine ce que pourrait être nos relations sociales dans une dizaine d’années… voir même un peu moins.

Recentrons-nous sur l’intrigue de Her, et sur le quotidien de Theodore, le personnage principal du film. Le système d’exploitation intelligent qu’il utilise porte le nom de Samantha, dont la voix sensuelle est incarnée par Scarlett Johansson. Très vite, Theodore et Samantha vont se lier d’amitié. En effet, le système d’exploitation qu’est Samantha n’hésite pas à aller fouiller dans les mails de son propriétaire pour obtenir des informations sur sa vie, afin de mieux le conseiller et l’assister dans son quotidien. Seulement voilà, qui pourrait résister à la voix charismatique, sensuelle et enjouée de Scarlett Johansson ? C’est alors que l’impensable, l’innommable, l’indescriptible se produit : Theodore éprouve des sentiments amoureux pour Samantha… son système d’exploitation. Ma culture cinématographique étant assez réduite, je n’ai jamais eu l’occasion de voir le thème de de l’amour entre humain et ordinateur dans un film.

L’incroyable relation amoureuse entre Samantha et Theodore me donne des frissons dans le dos. Pourquoi ? Car, même si cette situation n’est que pure fiction, elle se déroule dans un environnement qui n’est pas si différent du notre. Des consoles de jeu ou l’on utilise les mouvements de ses bras pour progresser ? Cela n’a rien d’irréaliste, comme nous le prouve le dispositif Kinect développé par Microsoft. Les technologies montrées par Spike Jonze dans son film n’ont rien de fantaisistes, elles sont parfaitement crédibles.

Cette société numérisée ou les rapports entre l’homme et la machine se croisent de plus en plus fait partie intégrante de notre quotidien, et de notre futur. Spike Jonze ne fait que les illustrer à travers un film qui mêle avec habilité les genres et qui parvient à nous faire passer par toutes les émotions. L’histoire très soignée mérite amplement l’Oscar du Meilleur scénario que le film à récemment obtenu. Her est bouleversant, renversant, et nous pousse à nous interroger sur l’évolution de nos rapports sociaux qui sont de plus en plus numérisés et indirects. Beaucoup de choses peuvent être dites sur ce film mais je préfère vous laisser le voir si cela n’a pas déjà été fait, avec mes plus chaudes recommandations. Sur ce, je vous laisse avec comme d’habitude la bande annonce du film, et je vous donne rendez-vous très vite pour un nouvel article !

Bande-annonce : Her (réalisé par Spike Jonze)

A propos de l'auteur

Etudiant en M2 à Audencia Sciencescom et rédacteur à la croisée des univers ludiques. Les univers numériques composent 70% de ma plume, à vous de découvrir le reste...

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2 Réponses

  1. Kahlian

    La force de ce film réside bien dans le fait que la société dépeinte dans le scénario de Spike Jonze est totalement en accord et proche de la nôtre.

    Je n’ai pas eu froid dans le dos comme toi, mais il est certain que je me suis beaucoup interrogée.

    J’aime les oeuvres qui amènent à la réflexion et qui ne laissent pas le spectateur passif.

    Her est une vraie pépite dans son genre. Un film à ne surtout pas manquer car il saura faire écho en chacun de nous, j’en suis persuadée 🙂

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