À moins d’avoir passé les dernières semaines dans une grotte ou de ne porter aucune attention à l’actualité des séries, impossible d’avoir échappé au phénomène que représente « 13 Reasons Why ». Bien loin d’une traditionnelle série télévisée des années 90 pleine de clichés, la série de Netflix est passionnante à plus d’un titre. Sans plus tarder, voici 3 raisons de ne pas faire l’impasse sur « 13 Reasons Why ».

Parce que sa narration est géniale 

« Salut, c’est Hannah. Hannah Baker. Hé oui. Pas la peine de régler… Ce sur quoi tu écoutes ça. C’est moi, en direct et en stéréo (…) Mange un truc. Installe-toi. Parce que je vais te raconter l’histoire de ma vie. Plus précisément, pourquoi ma vie s’est arrêtée… »

Dès les premières secondes, par ces paroles, Hannah Baker nous captive et suscite notre curiosité. C’est l’un des points forts de cette série : L’histoire d’Hannah Baker (Katherine Langford), jeune adolescente venant de s’ôter la vie, nous est narrée via 13 cassettes différentes. Sur chacune de ces cassettes figure une des raisons pour laquelle Hannah a décidé de se suicider. La série comportant 13 épisodes, chacun de ceux-ci est consacré à l’écoute d’une cassette. Ce procédé de narration exceptionnel nous immerge de manière intense dans l’histoire de la défunte lycéenne, et c’est à travers Clay Jensen (Dylan Minnette), l’un des personnages principaux de la série, que nous allons la découvrir. C’est un puzzle scénaristique funeste, macabre mais néanmoins passionnant que nous propose de résoudre « 13 Reasons Why ».

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Clay Jensen, le second personnage principal de « 13 Reasons Why »

La série se décompose en deux parties bien distinctes. Une partie qui s’ancre dans le présent où Clay Jensen, ami très proche d’Hannah, écoute les cassettes laissées par sa défunte amie. L’autre partie, présentée sous forme de flash-back, met en scène Clay et Hannah, et nous permet de comprendre le cheminement qui a conclu au terrible dénouement de la série : le suicide d’Hannah Baker.

Il est intéressant d’observer la manière dont les producteurs de la série permettent au spectateur de faire la différence entre passé et présent. Tandis que les séquences s’inscrivant dans le passé sont pleines de couleurs et d’optimisme, celles du présent sont comme vidées de leur substance, arborant une palette de couleur froide et sans saveur. Le monde de Clay s’est effondré depuis la disparition d’Hannah, et le spectateur peut lui aussi partager sa détresse.

Parce qu’elle offre un regard passionnant sur les nouvelles technologies

Lorsque Hannah Baker décide de transmettre son histoire, elle choisit un procédé qui parlera aux anciennes générations : s’enregistrer sur des cassettes audio. Tout ceci est bien éloigné des smartphones et de toute la technologie qui accompagne les lycéens en 2017. Un côté « old school » pour reprendre le terme d’Hannah Baker, qui fait souffler sur la série un vent de nostalgie. Comme si l’adolescente, après avoir vécu les pires atrocités, sentait le besoin de retrouver de la simplicité, bien loin de la technologie qui a grandement contribué à sa détresse personnelle. Un choix frappant lorsque l’on constate l’explosion des cas de harcèlement scolaire et de suicide liés aux moyens de communication numériques. Combien comptons-nous d’histoires d’enfants martyrisés par l’intermédiaire des réseaux sociaux ? La technologie a du bon, mais elle permet également la propagation à vitesse grand V de rumeurs et de photos pouvant briser la vie de quelqu’un. Et même dans la détresse, les réseaux sociaux ne sont qu’un moyen de se mettre en avant pour ceux qui les utilisent. Preuve en est : les deux adolescentes posant devant le casier d’Hannah Baker rempli de dessins et d’hommages, en se demandant quel hashtag utiliser pour poster leur photo sur Instagram…

La technologie peut parfois se révéler destructrice…

Parce qu’on adore l’univers « High School » à l’américaine

Que serait une série consacrée au fameux « high school » américain sans les pom-pom girls et leurs tenues colorées ? Sans les séquences filmées près des casiers, ou le cliché du geek se fait martyriser par les sportifs vêtus de la veste emblème de leur lycée ? Respectant les codes des séries télévisées qui ont fait le bonheur des années 90, « 13 Reasons Why » apporte cependant son lot de nouveauté en dépoussiérant le genre. Et que dire, de la bande-son de la série ? Celle-ci fait penser à l’OST de Life is Strange, jeu vidéo issu du studio français Dontnod et lui aussi fortement inspiré de la culture américaine.

Homosexualité, harcèlement, abus sexuel… La série n’a pas de tabou, et offre au spectateur une véritable réflexion sur des thématiques qui sont tout sauf fictives. On pourrait accuser la série d’être une vitrine de promo du suicide, mais pour moi, il n’en est rien. « 13 Reasons Why » permet de mettre en lumière des sujets importants et de prouver que le suicide n’est pas la meilleure solution. Destinée aussi bien aux adolescents en difficulté qu’à leurs proches, cette série peut permettre une véritable prise de conscience… Et pour une simple série, c’est déjà beaucoup.

 

A propos de l'auteur

Etudiant en M2 à Audencia Sciencescom et rédacteur à la croisée des univers ludiques. Les univers numériques composent 70% de ma plume, à vous de découvrir le reste…

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2 Réponses

  1. Lailoken Fenies

    J’ai découvert 13 reasons why à sa sortie, c’est vrais que cette série est prenante, mais j’avoue être rester un peu dubitatif pour sa fin, et la manière dont Clay est traité.

    Répondre

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